YOGA  TAICHI 91

Alliance harmonieuse du Taichi chuan , du Qiqong , du  Yoga et de la Méditation

 

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YOGA TAICHI 91

Christian RASOTTO

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Science de l'esprit

lama jigme rimpoche

Les deux visages de l'esprit Lama Jigmé Rinpoché

Développer l'amour et la compassion, cela signifie comprendre la situation dans laquelle on se trouve. Pour développer un amour et une compassion qui soient authentiques, il est nécessaire de regarder nos processus émotionnels, les perturbations qui s'élèvent dans notre esprit, et cela ne peut se faire en une seule fois.

Il faut prendre son temps, prendre conscience de ce qui habite l'esprit. En tibétain, le mot correspondant à émotions perturbatrices indique non seulement un esprit qui est perturbé, mais encore un esprit qui continue à être perturbé. Il ne s'agit pas seulement d'une émotion dans l'instant, mais de l'émotion et de ses conséquences, des suites qui s'élèvent dans l'esprit. Les émotions perturbatrices sont : la jalousie, l'attachement, la colère et toutes les attentes que nous pouvons avoir.

Nous avons ces émotions, mais nous aimerions nous en débarrasser. Les émotions s'élèvent et nous nous battons contre elles, nous aimerions qu'elles ne soient plus perturbatrices et nous voudrions leur régler leur compte une fois pour toutes. Il faut savoir que les émotions ne sont pas complètement négatives. Si elles sont perturbatrices, c'est parce qu'on ne sait pas comment elles fonctionnent ni quoi en faire. Or, les émotions font partie du processus dynamique de la vie, et si elles sont perturbatrices, c'est que l'on n'est pas capable de les voir. Il y a deux aspects dans l'esprit, il a deux visages : yéshé et namshé, en tibétain. Yéshé est la dimension de sagesse, de clarté de l'esprit qui se reconnaît lui-même et qui reconnaît les émotions comme étant lui-même.

Namshé est la conscience limitée, séparée, la conscience remplie de confusion et de perturbation dans laquelle nous sommes maintenant. Mais yéshé et namshé, la sagesse et la confusion, sont les deux aspects d'une même chose, les deux façons de voir d'un même esprit qui est le nôtre. Ainsi, on ne pourrait pas se débarrasser des émotions, même si on le voulait, même si on y mettait toute son énergie.

On ne peut ni les arrêter, ni s'en débarrasser, ni les abandonner. Ce qu'il s'agit de faire c'est comprendre comment elles fonctionnent, comment elles s'élèvent et d'où elles viennent. Par exemple, quand la jalousie s'élève, il est nécessaire de la voir, d'en être conscient, d'en voir la cause et les effets, non seulement de voir son aspect intérieur, c'est-à-dire la conscience que nous en avons, comment nous la ressentons, mais aussi d'être conscient de ce qu'elle nous fait faire, des actions ont lieu motivées et déclenchées par la jalousie. Si l'on regarde bien, dès l'instant où la jalousie s'élève, on choisit un camp, et c'est évidemment le nôtre qui est le meilleur. Ce sont les autres qui ont tort. C'est un peu comme pour les matchs de football en France : avant que le match commence, on a déjà choisi son équipe et on sait qui on soutiendra en regardant la télévision. Mais si l'on voyage et que l'on se retrouve en Asie ou en Amérique Latine à regarder un match de football à la télévision, on n'y comprendra pas grand chose au début. Il y a deux équipes, elles ont des maillots de couleurs différentes, et très vite, sans que l'on s'en rende compte, on choisira une couleur et une équipe, on encouragera l'une et on critiquera l'autre.

Cela n'est pas valable que pour le football, il en va de même en de très nombreuses situations. Nous sommes sans cesse engagés dans ce processus, prenant partie, encourageant les uns et critiquant les autres. Nous sommes la plupart du temps en train de poser ce regard de jugement : « C'est lui qui a tort, son attitude est erronée, évidemment il ne peut pas avoir raison, évidemment c'est moi qui ai raison. » Nous sommes tout le temps en train de nous parler ainsi et nous sommes pris dans ces deux aspects, dans ces deux visages de l'esprit. On choisit toujours le meilleur aspect et le meilleur côté ; la meilleure équipe est évidemment la nôtre, c'est évidemment nous qui avons raison. Nous sommes comme un juge censé voir qui a tort et qui a raison, nous sommes le juge de notre vie, le grand magistrat de notre existence. Il en va de même pour la jalousie : il n'y a pas d'effort à faire pour être jaloux, c'est un processus naturel.

Dès l'instant où la situation est là, ce processus se met en œuvre et la réponse s'élève toute seule : « j'ai raison ». Il n'y a pas besoin de se battre avec cela, il n'est pas nécessaire de le rejeter ni de le nier, il suffit de voir comment cela se passe pour la jalousie, pour l'attachement, pour l'orgueil, de voir comment chaque émotion fait appel aux autres et comment ces différentes émotions se combinent. Plutôt que de dire : « je ne peux pas accepter cela », plutôt que de nier la situation dans laquelle on se trouve parce qu'on n'est pas capable de se regarder, parce que c'est trop douloureux, parce qu'on est sans cesse en train de se juger, il est question de regarder et de voir, d'être conscient de ce qui se passe au moment où cela se passe. Il est important de ne pas le faire en espérant un résultat immédiat.

Ce n'est pas parce que nous allons voir nos émotions et que nous allons en être conscient que nous pourrons les vivre de façon juste du jour au lendemain. Il ne faut pas attendre de résultat immédiat, il ne faut pas non plus tomber dans le défaut de se dire : « je suis jaloux, je le sais bien, jamais je ne serai bon ! » Il ne s'agit pas de développer de la culpabilité en pensant que l'on est mauvais. Tout cela n'a pas sa place dans la conscience et dans la vigilance. Il s'agit de voir ce que l'on est et ce qui est juste. Si l'on est conscient de cela, si l'on acquiert de plus en plus cette clarté de l'esprit qui permet de voir les émotions au moment où elles s'élèvent, l'esprit est alors de plus en plus libre. On libère l'esprit de toute entrave et le fruit ne s'élèvera pas directement car on ne pourra pas se libérer immédiatement de toutes ses entraves. Ce n'est pas parce qu'on a décidé de voir les émotions qu'on va les voir. Ce n'est pas parce qu'on a décidé de se libérer des émotions qu'on va pouvoir s'en libérer. Néanmoins, petit à petit, on reconnaîtra le véritable équilibre qui est en nous. On reconnaîtra ce que l'on est vraiment et, reconnaissant cela, on se rendre compte que les autres sont dans la même situation que nous, qu'ils ont les mêmes émotions et connaissent la même confusion.

C'est comme l'exemple d'un bébé : lorsqu'on lui parle ou qu'on bouge en face de lui et qu'il se met soudain à pleurer, cela ne nous met pas en colère, en tout cas ce n'est pas une colère profonde. On peut être un peu irrité, mais on n'aura pas de haine à l'égard de ce bébé. S'il crie, c'est parce qu'il ne comprend pas la situation. Par contre, si l'on a un adulte en face de soi, on va immédiatement porter un jugement sur sa réaction et on va directement le réduire à notre vision des choses et à notre perception.

Si l'on dépasse cela et que l'on parvient à être de plus en plus conscient de ce qui s'élève en nous, plutôt que de voir les défauts des autres, on pacifiera son esprit. On sera beaucoup plus paisible, on regardera la situation non pas du point de vue des défauts de l'autre, mais du point de vue d'une solution possible qui soit positive. Ce n'est plus un jugement, mais un questionnement qui s'élèvera : « Comment puis-je aider l'autre pour trouver une solution à la situation qui soit positive pour moi et pour lui ? » Petit à petit, on s'adoucira, et de la dureté de l'ego on passera à la douceur de la compassion.

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