Enseignement Traditionnel Taichi chuan - Qigong - Yoga - Méditation
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YOGA TAICHI 91
Christian RASOTTO
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Les écritures sacrées hindoues
© Ralph Stehly, Professeur d'histoire des religions, Université Marc Bloch, Strasbourg
(Sur la phénoménologie des Ecritures sacrées, voir ici )
1. La śruti (= la révélation transmise par voie phonique) ou le Veda
Elle comprend 4 Vedas:
Le Rig-Veda (Veda des stances à la louange des dieux)
Le Yajur-Veda (V. des formules rituelles)
Le Sâma-Veda (V. des chants et des mélodies)
L'Atharva-Veda (V. d'Atharvan)
Chacun des quatre Vedas comporte à son tour:
Un recueil de base, la samhitâ (la plupart du temps en vers), appelés mantras quand ils sont affectés à des rites.
Une explication en prose: les Brâhmanas
Une autre série de caractère plus ésotérique: les Âranyakas
Des traités spéculatifs: les Upanishads
Chaque famille de brahmanes est spécialisée dans la transmission d'un Veda. Ainsi certains sont rig-vedin, d'autres sont yajur-vedin ou sâma-vedin, ou encore atharva-vedin
Les Samhitâ-s
La Rig-veda-samhitâ est le recueil de base dont sont dérivé les autres. Elle comporte 1028 hymnes réparties en 10462 stances, le premier étant dédié à Agni, patron du Rig-Veda. La place des hymnes de la RVS est comparable à celle des Psaumes dans la liturgie chrétienne. Ils constituent un trésor poétique dans lequel on puise pour trouver des prières ou des récitations liturgiques aux occasions les plus diverses (voir aussi ici)
La Sâma-veda-samhitâ consiste principalement en stances tirées de la RVS et adaptée à la récitation chantée. C'est le cantique avec des notations musicales et des indications de mélodies (voir aussi ici)
La Yajur-veda-samhitâ regroupe des formules en vers et en prose mêlés, directement affectés au culte et disposés dans l'ordre où elles sont utilisées dans les cérémonies.C'est la liturgie (voir aussi ici)
L'Atharva-veda-samhitâ contient des charmes magiques de longue vie, contre la maladie, la possession démoniaque, pour gagner l'amour d'autrui ou la richesse.

Les Brâhmanas
A chacun des samhitâs sont affectés un ou plusieurs brâhmanas, c-à-d des traités en prose qui ont pour objet le brahman au sens primitif du terme, le savoir sacré. Ils présentent les principales articulations du rite en en apportent la justification mythologique , et en dégagent la partie symbolique. Le plus célèbre est le Çata-patha-brâhmana ("le brâhmana des cent chemins", 5 vol. en trad.).
Les Âranyakas ("livres forestiers")
Sont de la même facture que les Brâhmanas, dont ils forment en quelque sorte les appendices. Mais les rites qui leur servent de thèmes se prêtent plus particulièrement à une interprétation symboliques. Ces livres sont "forestiers", parce qu'ils ne peuvent être étudiés qu'en dehors du village dans la solitude des forêts, à cause de leur caractère ésotérique.
Les Upanishads (1)("savoir ésotérique transmis de maître à élève").
Ce sont des traités spéculatifs dont le point de départ est toujours une question rituelle, mais dont la visée est méta-rituelle: c'est la correspondance entre le Brahman et l'âtman. C'est dans cette littérature qu'apparaissent les premières spéculations sur le yoga.

II La Smriti (= tradition transmise par mémoire)
C'est un imposant ensemble de traités sur le dharma (les dharmacâstra-s, comme le Baudhâyana-dharmacâstra) , comme la Loi de Manou, sur le rituel domestique (grihya-sûtra), les deux grandes épopées: Mahâbhârata (entre le - 4ème et le + 4ème s. ) et le Râmayana (entre le - 2ème et le + 1er s.), les Purânas (vichnouites et shivaïtes, à partir du + 3ème s.).
La Bhagavad-Gîtâ est un chapitre du Mahâbhârata. Il faisait partie à l'origine de la smriti, mais il a été intégré à la çruti par les Krishnaïtes.
Bibliographie
Sûtra-s:
Les lois de Manou, trad. G. STREHLY, Paris, 1896
The Law of Manu, trad. G. BÜHLER, Sacred Books of the East, 25
Dharmasûtra, trad. G BÜHLER, SBE 2 + 14
Grihyasûtra, trad. OLDENBERG, SBE, 29 + 30
Epopées:
Le Râmayâna de Valmiki, coll. La Pléiade
Le Mahâbhârata, trad. Madeleine Biardeau, 2 vol.
Bhagavad-Gîtâ:
- trad. E. SENART, 1967
- trad. A.-M. ESNOUL et Olivier LACOMBE, coll. Sagesses 9, 1976
- trad. A.C. Bhaktivedânta Swami Prabhupâda, coll. Les Grands Classiques de l'Inde, 1981
Le Veda selon la théologie hindouehttp://i37.servimg.com/u/f37/11/07/01/13/pandit10.gif
Le Veda a été vu par les Rishis (les voyants ou sages védique), quand il s'est déployé dans les temps anciens. Mais ce que les rishis ont vu, ce n'est pas un texte, mais des réalités invisibles qui constituent la quintessence de la réalité du monde. Ils ont transformé la réalité visible en mots. Mais ils ne sont pas pour autant les auteurs du texte. Leur tâche a été simplement de transmettre par voie phonique les mots du Veda.
On ne peut pas attribuer à leur intention la forme verbale qu'a prise le texte qu'ils nous transmettent. C'est pour cela que ce texte est considéré comme absolument transcendant.
Quel est alors l'auteur du texte ? Deux théories s'affrontent:
Le Veda est un texte formé par Dieu (Prajâpati, Brahmâ) à partir des éléments du monde (cf. Upanishads), dénué de toute imperfection, absolument transparent, incréé (asrishta) et éternel (nitya) .
Doctrine de Çankara (9ème s.) et de la mîmâmsâ: le Veda est auto-révélé, c'est le texte-mère de l'humanité, existant de toute éternité, il est sans auteur personnel (apaurusheya). C'est précisément parce qu'il n'a pas d'auteur qu'il est vrai.
Le Veda est un texte absolument sacré. On ne peut en approcher qu'en état de pureté rituelle. Et la liste des impuretés est impressionnante.
Seuls les membres masculins des trois classes supérieures ont le droit de l'appendre après la cérémonie d'initiation (upanayana). Seuls les brahmanes ont le droit de l'enseigner.
Les philosophes expliquent que le Veda que nous connaissons est ce qui subsiste d'un Veda beaucoup plus ample et consistant. Le Veda actuel est pour ainsi dire un Veda dilué. Mais il existe des séquences de mots qui concentrent le Veda tout entier, comme la Gâyatrî. La Gâyatrî est récitée lors de l'initiation, et dans la liturgie du matin au moment du lever du soleil:
Rig-veda-samhitâ 3.62.10:
tat savitur varenyam
bhargo devasya dhîmahi
dhîyo yo nah pracodayâ
tat savitur varenyam
bhargo devasya dhîmahi
dhîyo yo nah pracodayât
( " Voici la splendeur admirable du soleil.
Concentrons notre pensée sur l'éclat du dieu.
Puisse-t-il mettre en branle notre méditation")
Plus concentrés encore sont les vyâhriti:
Bhur, bhuvah, svah ! ("Terre, air, ciel !"), exclamation liturgique.
Plus concentrée encore le pranava, syllabe qui symbolise phoniquement l'Absolu, le son primordial de la création dont sont issus les autres sons et toutes les vibrations: om (qui se prononce nasalisé comme le "om" du français "ombre"), qui est une combinaison en alphabet sanskrit des lettres A-U-M.
Le "a" correspond à la terre, le "u" à l'air, le "m" u ciel.
"Om" s'écrit ainsi en sanskrit:
Sources:
John Muir, Original sanskrit texts on the origins and progress of the religion and institutions of India, Londres, 1858
L Renou, L'Inde classique, 2 vol., Paris, 1947
J Gonda, Les religions de l'Inde, 2 vol.,Paris, 1962, 1965
Bibliographie
A. Textes de la Révélation védique (çruti)
1) Anthologies en français
Le Veda, ed. Jean Varenne, coll. Le Trésor spirituel de l'humanité, Paris, 1983
L. RENOU, Hymnes et prières du Veda, Paris, 1938
L. RENOU, Hymnes spéculatifs du Veda, Paris, 1956
L. RENOU, Etudes védiques et paninéennes, 17 fasc., Paris, 1956-1969
2) Traductions complètes des Veda (Samhita)
Rig-Veda, trad.allem. de K. F GELDNER, 4 vol., Cambridge, Mass., 1951-1957
Rig-Veda, trad. angl. de HH WILSON, 6 vol., 1977-1979
Sâma-Veda, trad. angl. de R.T.H. GRIFFITH, Bénarès, 1893
Yajur-Veda (blanc), trad. angl. R.T.H. GRIFFITH, Bénarès, 1927
Atharva-Veda, trad. angl. de W.D. WHITNEY, 2 vol, Cambridge, Mass., 1905
3) Brâhmana-s
Satapatha-Brâhmana, trad. angl. J. EGGELING, 5 vol., Oxford, 1882-1899, SBE, vol. 12,26,41,43,44
Aitareya-Br, trad; A.B. KEITH, Cambridge, Mass., 1920
4) Âranyaka
Taittirîya-Âranyaka, livre II, trad. Ch. MALAMOUD, Paris, 1977
5) Upanishads
P. DEUSSEN, Sechzig Upanishad des Veda, Darmstadt, 1963
Brhadâranyaka-Up, trad. E SENART, Paris , Les Belles Lettres, 1967
Chandogya-up, trad. E. SENART, 1930
Les Upanishads, (not. la Kaushitaki-up) texte et trad. sous la direction de Louis RENOU, 20 fasc., 1943-1974
Les Upanishads du Yoga, trad. Jean VARENNE